Au début du 19e siècle, notre poète national Nguyên Du a détaillé ainsi le canon de la beauté féminine : Mai c?t cách (profil gracieux de l'abricotier) , tuy?t tinh th?n (blancheur et pureté de la neige), khuôn trang d?y d?n (visage de lune pleine), nét ngài n? nang (sourcils rappelant les vers à soie), hoa cu?i (sourire de fleur), ng?c th?t (voix de cristal), mây thua nu?c tóc (cheveux plus splendides que les nuages), tuy?t nhu?ng màu da (teint plus pur que la neige), làn thu th?y (regard aux reflets des lacs d'automne), nét xuân son (sourcils évoquant le profil des montagnes printanières), hoa ghen thua th?m (les fleurs jalouses de son teint), li?u h?n kém xanh (le saule pleure de n'avoir pas sa fraîcheur), má h?ng (joues roses), m?t hoa dào (visage pareil à une fleur de pêcher), li?u y?u dào to (corps frêle et délicat comme le saule ou le pêcher), gót sen(pieds mignons comme des lotus).
En somme, la beauté se concentre sur les parties du visage, à l'exception du nez, du front et des lèvres (la littérature occidentale met l'accent sur les lèvres sans doute parce que le baiser sur les lèvres est pratique courante). Le corps doit être svelte, même un peu chétif. Sont tabous les seins, les cuisses, le vagin considérés comme obscènes.
Mais la poétesse de l'érotisme Hô Xuân Huong (18e siècle) et le peuple passent outre aux interdits de Maître Confucius.
Le cache-sein rouge glisse et laisse voir les mamelons.
Pas de rosée sur les 2 collines du Pays de Fées.
La source aux fleurs de pêcher ne jaillit pas encore
(La jeune fille assoupie en plein jour)
(Hai gò b?ng d?o suong còn ng?m
M?t su?i Ðào nguyên nu?c chua tuôn)
Quand on est belle, son ombre même est belle,
Quand on est mignonne, même sa "tính tình tinh" (onomatopée musicale désignant le vagin) est mignonne
(Chanson populaire)
(Ngu?i xinh cái bóng cung xinh
Ngu?i ròn cái tính tình tinh cung ròn)
Pour fendre du bois, il faut observer dans quel sens vont des fibres. Avant d'épouser une femme, il faut observer son derrière (proverbe).
(Ch? c?i xem th?, l?y v? xem mông)
Une belle paire de fesses est signe de fécondité. La même motivation explique notre très ancien culte de la fertilité. Elle a inspiré au sculpteur Lê Công Thành la statue de marbre La femme face à la mer qui vient d'être posée sur la plage de Dô Son, un des premiers nus exposés dans un endroit public au pays de la pudeur confucéenne.
Par contre, en Occident, plus que jamais, le corps féminin est exploité sans vergogne par la publicité. Selon le Financial Times, l'Italie bat le record en la matière. Même les femmes politiques essaient de crever le petit écran avec leur mini-jupe pour exhiber leurs jambes. La TV ne montre jamais de femmes vieilles ou handicapées...
http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?xt=XT33&ct=CT50&page=newsdetail&newsid=39855
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